Data & Pixel : la sociophotographie enquête

 

Rencontres organisées par les étudiant.es

8 mars 2024 14h-18h

A l’auditorium de la Médiathèque du Patrimoine et de la Photographie, Charenton

Dans le cadre du MIP ArTeC « La sociophotographie enquête sur la transition numérique », les étudiant·es du Master « Plateformes numériques, création et innovation » de l’université Paris 8 à Saint-Denis, du Master ArTeC et du Master Photographie de l’École nationale supérieure Louis-Lumière présentent les enquêtes réalisées cette année explorant les trois thèmes suivants : ZONES DE CONFLIT, MER et FICTION dans la transition numérique.
Les enquêtes des étudiant·es explorent l’impact profond des plateformes numériques qu’il s’agisse de la manière dont les adolescent·es interagissent avec les contenus de guerre sur leurs comptes de réseaux socionumériques, des émotions qu’ils traversent, des opportunités offertes aux plongeurs et plongeuses pour connaitre mais aussi dévoiler les fonds marins, ou encore de la transformation des relations entre illustrateur·rices, créateurs.trices de personnages d’animation et intelligence artificielle. Ils et elles l’abordent dans des registres diversifiés, documentaire, fictionnel, auto-fictionnel. Ces analyses questionnent l’évolution des modes de création, de consommation, de mise en oeuvre des droits sociaux, de lutte contre les dégâts de l’industrialisation et, même, de narration, non sans l’apparition de nouvelles formes de conflictualité.

Dans cette optique, le travail photographique apparaît comme un moyen puissant de capturer et de transmettre les émotions et de représenter les réalités complexes de notre époque. En tant que journal intime, portrait et témoin des phénomènes sociaux et numériques, la photographie joue un rôle central dans la représentation mais aussi dans l’exploration de nos identités et de nos environnements. Les jeunes photographes évoluent dans un univers numérique où la visibilité sur les plateformes est essentielle, mais où les contraintes esthétiques et politiques sont également palpables. Les rencontres Data&Pixel offrent ainsi une tribune, dans laquelle leurs travaux seront présentés et discutés avec des chercheurs, des photographes professionnels et des responsables associatifs qui ont accepté de venir en débattre. 

Sophie Jehel, professeure en sciences de l’information et de la communication, , Univ. paris 8, Cemti, responsable de l’atelier-laboratoire « La sociophotographie enquête sur la transition numérique », Introduction des Rencontres Data&Pixel 2024

Véronique Figini, maitresse de conférences en Histoire de la photographie, ENS Louis-Lumière, Cemti, co-responsable de l’atelier-laboratoire « La sociophotographie enquête sur la transition numérique, entretien avec Cyril Zannettacci, photographe, agence Vu.

Cyril Zannettacci est un photographe formé à l’école de la Société Française de Photographie. Son parcours l’a conduit à travailler pour de prestigieux magazines à l’international. La profonde attention qu’il porte à la réalité des situations à l’œuvre sur le terrain, sa grande faculté d’adaptation et la sensibilité de son regard d’auteur lui permettent également de mettre son écriture au service des institutions et des ONG. Il présentera des photographies issues de ses séries pendant lesquelles il a couvert les mouvements sociaux des Gilets Jaunes, à Sainte-Soline, aux manifestations féministes.

La société en zones de conflits numériques 

Une zone de conflit est une zone de tension, voire d’agression. Sur les espaces numériques, il peut s’agir de tensions entre usagers du numérique et plateformes ou entre des usagers du numérique et d’autres usagers. Les enquêtes sociophotographiques sont issues de rencontres avec des adolescents exposés à des images de guerre sur leurs espaces numériques familiers, avec des assistantes sociales qui doivent aider des personnes exclues des services administratifs du fait de leur numérisation, avec des jeunes femmes fans de chanteurs ciblées par des messages haineux. Les réseaux socionumériques sont utiles pour développer des formes de mobilisation rapides et peu onéreuses. Mais leur niveau de conflictualité est aussi redouté de certains militants qui préfèrent en rester à des mobilisations par messagerie. Est-il encore possible de leur échapper pour mener des luttes?

Modération : Elise Jean, Emma Lopez

Valentyna Dymytrova, à propos de son article « Boutcha, #Marioupol, #Kharkiv : une analyse des modes de production de sens des photographies de guerre, au prisme des discours numériques », Semen, 2023.

Valentyna Dymytrova est maîtresse de conférences en Sciences de l’Information et de la Communication à l’université Lyon 3. Rattachée au laboratoire EA 4147 ELICO, elle analyse des enjeux sociopolitiques et communicationnels des médias, du numérique et de la datafication de la société en France et en Ukraine. Dans une approche alliant une enquête ethnographique, une sémio-pragmatique et l’analyse du discours, elle interroge les matérialités technique, sémiotique et documentaire des dispositifs info-communicationnels dans des usages sociaux situés comme la mise en récit de l’actualité, l’éditorialisation des données urbaines et la littératie numérique.

Garance Potier, Univ. Paris 8, Charlotte Heulland, ENS Louis-Lumière, « Adolescents face aux images de guerre sur les réseaux socionumériques »

Alice Bohin, Univ. Paris 8, Emma Lopez, ENS Louis-Lumière, « S’exprimer en tant que femme sur les réseaux : un combat imposé ? »

Mai Linh Pham-Jumontier, ArTeC, Lola Gadea, ENS Louis-Lumière, « La numérisation des démarches administratives : un nouveau front pour les travailleurs sociaux »

Elise Jean, Univ. Paris 8, Pierre Lemaire, ENS Louis-Lumière, « Les réseaux socionumériques, outils indispensables au militantisme ? »

Montrer et investir la mer autrement 

Transition : Sophie Jehel, entretien avec Samuel Bollendorff, photographe, professeur associé ENS Louis-Lumière

Samuel Bollendorff est photographe et réalisateur. Il interroge la place de l’humain dans les sociétés du XXIème siècle. Pionnier des projets transmédias, il explore les nouvelles formes d’écritures audiovisuelles et leur transposition dans l’espace public. Son travail photographique, ses films et ses installations alimentent son questionnement sur l’image comme outil de réflexion politique. Il se consacre, désormais, à la question de la représentation de la catastrophe environnementale.

Nous avons découvert en allant à Brest, la marétique, la transformation de l’économie de la mer grâce aux technologies numériques. Les techniques numériques transforment la connaissance de la mer et des fonds marins, dans des logiques de construction de la science renouvelées, faisant la part belle aux publics participatifs. Nous sommes allé.es à la rencontre d’acteurs, artistes, citoyens engagés, qui participent à la connaissance de l’univers marin en le documentant sur leurs comptes Instagram, en développant des outils numériques plus sobres, en dénonçant sur Instagram la réalité de la pollution marine. L’image artistique documentée est au coeur de leurs démarches de sensibilisation.

Modération Hugo Gester, ENS LL et MatthiasLegrand, Univ. Paris 8

Riwan Leroux, chercheur en écologie marine à l’IFREMER

Riwan Leroux est chercheur en écologie marine, post-doctorant au Laboratoire des grands fonds marins (LEP, Ifremer, Bretagne). Sa recherche s’articule autour de la question de l’impact de la recherche dans les grands fonds sur les écosystèmes en particulier les organismes vivants qui y vivent. Son travail consiste à évaluer les pressions exercées juste en faisant des échantillonnages et des observations et ensuite extrapoler ces résultats à une exploitation de grande ampleur.

Mina Chesneau, ArTeC, Milo Garcia, ENS Louis-Lumière, « Faire émerger les fonds marins grâce à internet »

Arthur Voirin, ENS Louis-Lumière, Yannan Ding, Univ. Paris 8, « Enjeux de la sobriété numérique en mer »

Association Environat

Située en Charente Maritime, en Haute Saintonge, Environat a pour objectif la préservation des milieux naturels qui nous entourent, des plus ordinaires aux plus remarquables.

Guillaume Hervo, Responsable de la sensibilisation, Wings of The Ocean

Créée en 2018, Wings of the Ocean l’association de référence française qui agit en faveur de la protection de l’océan, en luttant contre les déchets sauvages, notamment plastiques.

Matthias Legrand, Univ. Paris 8, Hugo Gester, ENS Louis-Lumière , « Polluer Instagram pour faire chavirer l’image de la plage »

Comment le numérique affecte-t-il la production des récits ?

Etienne Mineur, designer, éditeur et enseignant

Né en mai 1968, Etienne Mineur est diplômé de l’Ecole nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris. Aujourd’hui, son travail est axé sur les relations entre graphisme et interactivité. Il est reconnu pour ses inventions dans l’interaction tangible-numérique et a exploré les intelligences artificielles génératives dans le domaine du design. Il a notamment fondé Volumique qui est une maison d’édition et un studio d’invention dédié au développement de nouveaux types de jeux, de jouets et de livres, basé sur la mise en relation du tangible et du numérique.

Manon Sarrailh, Univ. Paris 8, Leila Graindorge, ENS Louis-Lumière, « L’IA a-t-elle absorbé l’âme des artistes ? »

Aurore Burr, Univ. Paris 8, Maxime Berton, ENS Louis-Lumière, « IA Génératives : un danger pour les créateurs de l’industrie de l’animation ? »

Ariane Papillon, doctorante recherche-création, ESTCA, Univ. Paris 8, « Documenter les intimités numériques d’adolescentes, via l’outil smartphone »

Née en 1994 à Angers, Ariane Papillon est diplômée de l’ENS de Lyon, l’IEP de Lyon et l’ENSAV de Toulouse. Elle est actuellement ATER et doctorante en cinéma et audiovisuel à l’Université Paris VIII. Ses recherches s’intéressent à l’influence des médias autoreprésentatifs et des cultures Internet sur le cinéma contemporain. Elle enseigne, entre autres, le montage, à travers un cours invitant les étudiant·es à réaliser un court documentaire à partir de leurs navigations sur internet. Également réalisatrice, elle travaille sur plusieurs projets de documentaire et de fiction de différents formats, notamment avec les sociétés de production Vents Contraires, Qui Vive! et Backstory.Media.

Julien Massicard, ENS Louis-Lumière, Alice Meriaux, ArTeC, « Rencontre avec l’abysse. Perception de soi et du temps sur les réseaux socionumériques »

Anaïs Peressoni, Univ. Paris 8, Raphael Bourda, Elie Koaho, ENS Louis-Lumière, « Mode Virtuelle & Fiction de Soi. Quand le numérique nous va comme un gant »

La formation des étudiants de l’atelier MIP « La sociophotographie enquête sur la transition numérique », a bénéficié en 2023 des conférences de :

CONFÉRENCE INTRODUCTIVE (Photographie documentaire, les méthodes de l’enquête) : Olivier JOBARD, photographe. Membre de deux agences de photographes de premier plan, SIPA (1991-2011) et actuellement MYOP, Olivier Jobard est un reporter de guerre confirmé (Croatie, Bosnie, Tchétchénie, Afghanistan, Soudan, Sierra Leone, Libéria, Côte d’Ivoire, Colombie, Irak). Il couvre la guerre en Ukraine. De manière conjointe à ses reportages d’actualité, il développe un travail au long cours sur les migrants et routes migratoires clandestines, et plus récemment sur l’intégration des immigrés dans leur pays d’accueil. Il publie ses photographies dans Kingsley : carnet de route d’un immigrant clandestin (Marval Publishing, 2006) et Kotchok.

CONFÉRENCE “LES USAGES NUMÉRIQUES ET LA MER PROBLÉMATISATIONS” : Intervention de Marion OLLIVIER, CESER Bretagne, sur les problématiques de la « marétique ».

CONFÉRENCE “CONSTRUIRE UN DOCUMENT SONORE” : Eric URBAIN, Ingénieur Son, ENS Louis-Lumière

CONFÉRENCE “PRÉSENTATION DES PHOTOGRAPHES Stéphanie SOLINAS ET Nadège ABADIE” , Stéphanie SOLINAS, artiste photographe, https://www.stephaniesolinas.com/; Nadège ABADIE, réalisatrice photographe, ://nadegeabadie.fr/

CONFÉRENCE “GUERRE ET FICTION DANS LA TRANSITION NUMÉRIQUE” : Alexandra SAEMMER, Professeure des universités en Sciences de l’information et de la communication Univ. Paris 8, Co-directrice du CEMTI. Délégation CNRS avec le projet « Enquête sur les oeuvres profilaires » à partir de septembre 2023 (12 mois). Co-directrice de la revue MEI et de la revue HYBRID.

CONFÉRENCE “LA STRATÉGIE DIGITALE D’ARTE, PRODUCTION ET PROGRAMMATION : Agnès LANOE , directrice de la stratégie et de la prospective d’Arte.

ATELIER DE PUBLICATION : Nicolas CHEVRIER, Expert en communication digitale, photographe, http://www.nicolaschevrier.com/

L’exploration des usages sociaux du numérique suivant les trois thèmes retenus, Zones de conflits Mer et Fiction, a été menée par Sophie JEHEL, Professeure, Université Paris 8, chercheure au Cemti, associée au CARISM.
Les travaux des photographes ont été supervisés par Stéphanie SOLINAS, artiste photographe, et Nadège ABADIE, photographe et réalisatrice.
L’initiation et le suivi de l’écriture journalistique ont été assurés par Pascale COLISSON, Institut Pratique du Journalisme de l’Université Dauphine, PSL, chercheure associée à la Chaire Management, Diversités et Cohésion sociale de l’Université Paris-Dauphine. Responsable pédagogique des Master I à IPJ Paris-Dauphine. Elle forme les étudiants aux techniques journalistiques. Elle est également chargée de la mission Egalité des chances.

MOBILITES
Lors de notre déplacement sur BREST, en octobre 2023, nous avons eu la chance grâce à un partenariat avec le Musée de la Marine, de réaliser une visite du Service Historique de la Défense, du Musée de la marine de Brest, du Centre européen de la réalité virtuelle et du département des grands fonds de l’IFREMER.
Nous avons eu le plaisir d’entendre une conférence de Sylvain LAUBE sur le travail de l’historien à propos des paysages industriels, culturels et sensoriels, orienté vers la compréhension de la dynamique de l’évolution des paysages, des activités humaines en s’appuyant sur la recherche de sources premières et fiables. Au cours de notre visite, nous avons pu prendre conscience de l’importance du numérique (réalité virtuelle ainsi qu’augmentée) et du rôle qu’il exerce dans la préservation du patrimoine technique et maritime. Le CERV nous a laissé l’opportunité de découvrir
la réalité virtuelle à des fins d’historicisation, et la réalité augmentée dans un enjeu de recherche,grâce à l’accompagnement de Marie Morgane ABIVEN, docteure en histoire des sciences et techniques, et Pierre MAHIEUX, docteur, ingénieur ENIB, informaticien. A l’IFREMER nous avons été reçus par Catherine BORREMANS, ingénieure en biologie marine et en imagerie au laboratoire Deep Sea Lab consacré à l’océan profond. Elle nous a présenté différentes études et dispositifs d’observation et de captation, permettant notamment de découvrir grâce à un casque VR la “Tour Eiffel” au large des Açores (en eaux profondes). Nous avons aussi découvert le matériel photographique sous-marin à travers la présentation de plusieurs dispositifs utilisés lors de plongées afin de capter des images in-situ. Ceux-ci doivent prendre en compte les spécificités des fonds marins telles que la température très basse mais parfois très élevée à proximité des geysers ou encore le manque de lumière. Le numérique est aussi un outil pour la science participative, au cœur des activités de l’IFREMER. En effet, on nous a aussi présenté la plateforme participative
Espions des Océans qui donne la possibilité aux publics volontaires d’annoter des images prises par les robots sous-marins qui serviront par la suite à entraîner des IA.
Lors de notre déplacement à LYON en janvier 2024, grâce à Valentine FAVEL-KAPOIAN, Univ. Claude Bernard Lyon 1, ELICO, nous avons eu l’opportunité de présenter et discuter certaines de nos enquêtes avec des étudiants du master MEEF, qui en ont proposé des usages pédagogiques pour la sensibilisation de leurs futurs élèves à la culture numérique.
Nous avons visité la galerie historique Le Reverbère où nous avons été accueilli. es par Catherine DERIOZ et Jacques DAMEZ à propos de leur exposition « Inde(s) ».
Puis nous avons été reçu.es par Gilles VERNERET dans la galerie Le Bleu du ciel.

L’encadrement des équipes a été assuré par Sophie JEHEL et Véronique FIGINI.

ARCHIVES

15 février 2023 14h-18h

A l’auditorium de la Médiathèque du Patrimoine et de la Photographie, Charenton-le-Pont

Dans le cadre du MIP ArTeC « La sociophotographie enquête sur la transition numérique », les étudiant.es du Master « Plateformes numériques, création et innovation » de l’université de Paris 8 Saint-Denis, et du Master Photographie de l’École nationale supérieure
Louis-Lumière présentent les enquêtes qu’ils ont réalisées cette année sur trois thèmes : Mémoire, Vie privée, Utopie dans la transition numérique.
Les étudiant.es ont recueilli des expériences d’utilisateurs qui permettent de saisir l’impact du fonctionnement des plateformes numériques sur les pratiques sociales : comment les amourettes de l’enfance se transforment au gré des informations glanées sur les réseaux socionumériques, comment des artistes peintres dévoilent ou jouent leurs pratiques sur les plateformes, quels rituels des sorcières féministes peuvent transmettre dans les interstices de la toile. Les plateformes mémorisent et diffusent des informations qui rendent très difficile à celles et ceux qui construisent une popularité à travers leurs griffes de maîtriser les frontières de leur vie privée. Plusieurs enquêtes mettent plus directement en cause les plateformes dans les transformations qu’elles opèrent sur les activités qu’elles publicisent, encourageant des activités dangereuses, opacifiant – du moins dans leur discours – leur matérialité.
Les travaux photographiques qui construisent une enquête visuelle en soutien de l’article expriment les émotions ressenties, les déformations subies, les utopies perdues. Le travail photographique est à la fois journal intime, portrait, trace des phénomènes sociaux et numériques. C’est un medium utilisé pour sa puissance interprétative et imaginative, mais aussi pour des pratiques expérimentales. Il sert différents desseins, artistiques, militants, parodiques et heuristiques. Les jeunes photographes sont particulièrement sensibles aux possibilités mais aussi aux rétorsions exercées par les plateformes numériques où ils et elles se doivent d’assurer une présence, pour faire connaitre leurs talents. Les rencontres Data&Pixel leur donnent la parole pour présenter leurs travaux dans toute leur richesse.

PROGRAMME

Introduction présentée par :
Laurence GEAI, en discussion avec Sophie JEHEL
Photojournaliste et photographe de guerre française, née le 25 mai 1984.
Laurence Geai est représentée par l’agence MYOP. En mars 2013, elle réalise un premier reportage en Syrie. Depuis 2014, photographe à l’agence Sipa Press, elle suit la vie des migrants aux portes de l’Europe et en France, tout en continuant à couvrir certaines zones
de conflits (Irak, Syrie, Centrafrique, Israël-Palestine, Ukraine).
Laurence Geai vit et travaille à Paris et collabore avec différents médias, comme Le Monde, Le JDD, Polka Magazine, L’Obs, Le Figaro, Paris-Match, La Vie, The Washington Post, Newsweek, etc.

Sophie Jehel est professeure, responsable du master M2 «Plateformes numériques, création et innovation», responsable de L’atelier-laboratoire “La sociophotographie enquête sur la transition numérique”, ArTeC, ENS Louis-Lumière, chercheure au CEMTI, associée au CARISM, Université Paris 8. Ses recherches portent sur les usages du numérique à partir d’enquêtes de réception et de recherches interdisciplinaires.
Lev MANOVICH, en discussion avec Emilio SANCHEZ GALAN
Digital culture theorist and artist, Lev Manovich is Presidential Professor at The Graduate Center, City University of New York. Manovich played a key part in creating three new research fields: new media studies (1991-), software studies (2001-), and cultural analytics (2007-). He is the author and editor of 15 books including Cultural Analytics (2020), AI Aesthetics (2018), Theories of Software Culture (2017), Instagram and Contemporary Image (2017), Software Takes Command, (Bloomsbury Academic, 2013), Black Box – White Cube (Merve Verlag Berlin, 2005), Soft Cinema (The MIT Press, 2005), The Language of New Media (The MIT Press, 2001)
Emilio Sánchez Galán est un écrivain et chercheur multimédia. Son travail, qui comprend la composition de textes, de films et de cartes, conçoit l’autofiction comme une pratique philosophique et politique.

Conclusion présentée par :
Véronique FIGINI
Maîtresse de conférences en histoire de la photographie, Membre du Centre d’études sur les médias, les technologies et l’internationalisation (CEMTI,
Université Paris 8), chercheur-associé au CHS Mondes contemporains
(Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne / CNRS) et expert près la cour d’appel de Paris, ses recherches sont centrées sur l’État et la photographie, sans exclusive, du domaine des médias à celui des arts visuels.

Tables rondes

L’UTOPIE DU VIRTUEL À L’ÉPREUVE DE LA MATÉRIALITÉ

La méconnaissance qui entoure le numérique nous encourage à considérer ce qui s’y passe comme « virtuel » ? Mais le progrès et l’innovation numérique peuvent- ils vraiment se défaire de leur matérialité ?

Invités :

François Bellabas, photographe
Né en 1989, François Bellabas est un artiste français travaillant entre Paris et Los Angeles. Il est diplômé de l’ESAL (Metz, 2012) et de l’ENSP (Arles, 2015). Technophile, ingénieur dans l’âme, Bellabas aime jouer avec les différents niveaux de réalité produits par et issus du médium photographique, et interroge l’image comme donnée.

Lorena Lisembard, artiste – chercheure
Lorena Lisembard est une artiste-chercheuse, dont le travail prend des formes plurielles (installations, curation, écriture, ateliers). Elle s’intéresse notamment aux stéréotypes et logiques d’innovation numérique, à des pratiques amateurs de détournement vidéoludique ou encore à
des enjeux d’éducation aux médias. Lorena prépare un projet de thèse de recherche-création à l’Ecole Universitaire de Recherche ArTeC,
au sujet des potentiels émancipateurs du jeu de rôle pratiqué dans le jeu Grand Theft Auto Online.

Modérateur·trice·s : Eve Maupas (Paris 8) et Matéo Picard (ENS Louis-Lumière)

Intervenant·e·s étudiant·e·s : Antoine Bertron, (ENS Louis-Lumière), Ysé Jeener, (COMUE UPL), Clément
Montmea
(ENS Louis-Lumière), Emilio Sánchez Galán (EUR ArTeC)

MÉMOIRES ET ARCHIVES AU PRISME DES RÉSEAUX SOCIONUMÉRIQUES

La table ronde « Mémoires et archives à travers le prisme des réseaux sociaux» accueille trois groupes d’étudiant·e·s ayant réalisés les trois enquêtes socio-photographiques suivantes : « Collage anti-féminicides : création et transcendance du mnémophore », « Toi aussi, tu stalkes tes crushs ? » et « Créer son mausolée numérique pour contrôler sa mort ».

Le thème commun de ces trois articles est l’utilisation des réseaux sociaux
dans différents contextes mais tous en rapport avec la mémoire et son implication dans les relations humaines. Ils mettent en évidence les défis et les risques liés à l’utilisation de ces technologies à travers le sujet de la mort, de l’amour et de la mobilisation politique.

Invitée : Julie PEGHINI, chercheure
Maîtresse de conférences, chercheure au Cemti, directrice adjointe EUR ArTeC. Les recherches de Julie Peghini portent sur les rapports entre art et politique, en particulier dans les Afriques et à l’île Maurice. Elle travaille également, en collaboration avec l’équipe “Manuscrit francophone”
de l’ITEM/CNRS, à l’œuvre et les manuscrits de l’écrivain Sony Labou Tansi. Julie Peghini s’intéresse à la pratique et à la réalisation documentaire.

Modérateur·trice·s : Emma Kolibas (Paris 8) et Jean-Baptiste Salaün (ENS Louis- Lumière)

Intervenant·e·s étudiant·e·s : Josselin Apertet (ENS Louis-Lumière), Axelle Tricomi (Paris 8), Corinna Kranig (ENS Louis-Lumière), Qingyu Chen (Paris 8)

PRIVÉ DE VIE PRIVÉE

A cette heure de la transition numérique et de la publicisation massive sur les réseaux sociaux, la question de la vie privée est de plus en plus discutée. Cette table ronde interroge les dynamiques d’exposition sur les réseaux sociaux par la mise en scène de soi, les dangers que cela représente, la notion de la construction identitaire et l’appartenance à une communauté. Cette rencontre soulève également les enjeux de la protection des données aujourd’hui.

Invitée : Hortense SOICHET, photographe
Hortense Soichet choisit de s’intéresser à l’habitat, plus précisément
à la relation que les occupants entretiennent avec leur lieu de vie. Pour cela elle procède à des relevés visuels et sonores, par photographie des espaces et sauvegarde des récits que les habitants livrent sur leur domicile.

Modérateur·trice·s : Nolwenn Caruso (Paris 8) et Rida Choubai (ENS Louis-Lumière), Antonia Le Paih (ENS Louis-Lumière)

Intervenant·e·s étudiant·e·s : Antonia Le Paih (ENS Louis-Lumière),
Iris Guazzini (COMUE, NEP), Alizée Gousset (ENS Louis-Lumière), Lisa Ambo (Paris 8), Raphaël Bourgeois (Paris 8), Clément Bernard-Guillerminet (ENS Louis-Lumière), Kimberley-Dolores Beramice (Paris 8), Juan Sebastian Sanchez (Paris 8), Elisa Bapst (ENS Louis-Lumière), Abdallah Jelassi (Paris 8).

Équipe Régie : Antoine Bertron, Jean Baptiste Salaün, Antonia Le Paih

Équipe communication : Lisa Ambo, Elisa Bapst, Raphaël Bourgeois

La formation des étudiants de l’atelier MIP « La sociophotographie enquête sur la transition numérique », a bénéficié en 2022 des conférences de :

CONFERENCE INTRODUCTIVE

Michel SLOMKA, Photographe. https://www.michelslomka.fr/

CONFERENCE : LA MEMOIRE DANS LA TRANSITION NUMERIQUE

Hélène BOURDELOIE, MCF Univ. Paris Sorbonne Nord, Labsic, http://helenebourdeloie.org/, pour ses différents travaux sur la mémoire et les usages mémoriaux innovants du web au prisme du genre.

CONFERENCE LA VIE PRIVEE DANS LA TRANSITION NUMERIQUE,

Julie BALAGUE , photographe, enquête sur l’intime, https://www.juliebalague.com/

CONFERENCE : UTOPIE ET NUMERIQUE

Sébastien APPIOTTI, MCF Université Sorbonne Université, CELSA, GRIPIC, https://metis-lab.com/appiotti-sebastien/

CONFERENCE, La stratégie digitale d’ARTE, production et programmation

Agnès LANOE , directrice de la stratégie et de la prospective d’Arte

APPROCHE PHOTOGRAPHIQUE

Véronique FIGINI, MCF Histoire de la photographie, ENSLouis Lumière, CEMTI, CHS Mondes contemporains (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne / CNRS)

ATELIER DE PUBLICATION, Nicolas CHEVRIER, Expert en communication digitale, http://www.nicolaschevrier.com/ ; Marie CHAGNOUX, maîtresse de conférences Sciences de l’information et de la communication, CEMTI, https://cemti.univ-paris8.fr/?marie-chagnoux.

Pascal Martin, professeur en optique, Ecole nationale supérieure Louis-Lumière.

Samuel Bollendorff, photographe et réalisateur documentaire, professeur ENS Louis Lumière, Panorama de la photographie contemporaine.

L’exploration des usages sociaux du numérique suivant les trois thèmes retenus : Mobiliser, Aimer, Accélerer a été menée par Sophie Jehel, MCF HDR, Université Paris 8, chercheure au Cemti, chercheure associée au CARISM.

Les travaux des photographes ont été supervisés par Stéphanie Solinas, artiste-photographe, et Nadège Abadie, photographe et réalisatrice.

L’initiation et le suivi de l’écriture journalistique ont été assurés par Pascale Colisson, Institut Pratique du Journalisme de l’Université Dauphine, PSL, chercheure associée à la Chaire Management, Diversités et Cohésion sociale de l’Université Paris-Dauphine.Responsable pédagogique des Master I à IPJ Paris-Dauphine. Elle forme les étudiants aux techniques journalistiques. Elle est également chargée de la mission Egalité des chances.

L’encadrement des équipes a été assuré par Sophie Jehel et Véronique Figini.

ARCHIVES

jeudi 10 février 2022, 14h-18h.

ECOLE NATIONALE SUPERIEURE LOUIS-LUMIERE
salle de projection NOUGARET/DEPARDON.

Dans le cadre du MIP ArTeC « La sociophotographie enquête sur la transition numérique », les étudiant.es du Master « Plateformes numériques, création et innovation » de l’université de Paris 8 Saint-Denis, et du Master Photographie de l’École nationale supérieure Louis-Lumière présentent les enquêtes qu’ils ont réalisées cette année sur trois thèmes : Accélérer, Aimer, Mobiliser dans la transition numérique.

Les enquêtes explorent la manière dont les plateformes viennent accélérer les interactions humaines, les dynamiser, les phagocyter aussi. Elles sont devenues des espaces de diffusion quasi obligatoires pour les musiciens, les photographes, mais au prix de métamorphoses de leurs métiers, voire de formatage de leurs productions. A travers les fonctionnalités du « web affectif », elles transforment l’amour du monde en amour du smartphone, et ne favorisent pas autant qu’on pourrait le croire l’amour de soi, qui s’acquiert, d’après les enquêtés, bien souvent par des formes de distanciation. Elles offrent des opportunités pour se mobiliser, développer des consommations nouvelles (plus écologiques?), à condition que les informations soient disponibles et inspirent la confiance, ce qui est parfois compliqué sur les sujets sensibles.

Les étudiant.es ont recueilli des expériences d’usagers qui permettent de saisir l’impact du fonctionnement des plateformes numériques sur les pratiques sociales. En regard, les travaux photographiques expriment les émotions ressenties, évoquent le foisonnement de l’information, des images, mettent en scène les expérimentations de l’identité qui peuvent s’y jouer, dans un jeu de caché-montré, souvent indiscernable pour le spectateur. Le travail photographique est à la fois journal intime, portrait, trace des phénomènes sociaux et numériques, c’est aussi un medium utilisé pour sa puissance interprétative et imaginative. Il sert différents desseins, artistiques, militants ou s