IA Génératives : un danger pour les créateurs de l’industrie de l’animation ?

Les personnages de fiction façonnent les représentations et permettent des formes d’identification. L’arrivée des IA génératives suscite une panique générale parmi les métiers de la création : elles pourraient les supplanter. Les créateurs puisent leur force et leur originalité dans leurs expériences de vie et leur capacité à porter un regard critique sur leur travail, ce qui fait défaut aux IA. Démonstration par confrontation entre IA et artistes. 

« L’obscurité de la nuit mystique est percée par la silhouette d’un homme déterminé, naviguant entre le tangible et l’occulte. Cet homme est Gabriel Thornfield, détective surnaturel, dont la présence semble fusionner avec les mystères de la nuit. » Chat-GPT 3.5

Gabriel Thornfield, Détective surnaturel

Age : Environ 40 ans

Visage : Traits fins et durs, cicatrice sur le front due à un affrontement passé, peau pâle

Yeux : Vert perçant

Cheveux : Noir de jais, coupés courts

Silhouette : Elancée et assurée.

Vêtements : Chemise blanche et long manteau de cuir noir.

Histoire de Gabriel Thornfield

But de l’expérimentation : Concevoir un personnage uniquement par IA générative

Outils : Chat GPT + Générateur de nombre pour choisir la piste parmi les propositions de Chat GPT + Midjourney

Prompt de départ : « As-tu des idées de personnages ? » 🡪 Proposition de 6 pistes

Finalité : Le prompt 6, « Détective surnaturel »

Prompt pour la création du personnage : « Peux-tu me faire une description poussée de ce personnage ? » Reprise des catégories que Chat GPT nous donne : « Peux-tu développer l’apparence ? » « Peux-tu développer les compétences ? » « Quelles sont les faiblesses ? » « Peux-tu développer les relations ? » « Peux-tu développer son équipement ? »

Prompt pour les images : Demande à Chat GPT de générer un prompt pour Midjourney : “Écris un prompt en anglais pour midjourney complet de l’apparence du corps entier et détaillé de Gabriel” + Ajout de la commande « character sketch » en amont du prompt donnée par Chat GPT dans Midjourney.

Gabriel Thornfield est un héros des plus communs. Des airs d’Henry Cavill, Corto Maltese ou encore Jude Law, il semble familier pour tous. La particularité de ce personnage ? Nous l’avons créé grâce à Chat-GPT et Midjourney. Intelligence artificielle générative créée en 2022 par le laboratoire Open AI, Chat GPT est un modèle de langage qui génère du texte à partir d’une consigne appelée « prompt ». Midjourney est quant à elle une intelligence artificielle permettant de créer des images à partir de descriptions textuelles. Les polémiques concernant les IA génératives ne cessent de se multiplier. Se nourrissant des œuvres exposées sur le web, qu’elles soient sous domaine public, sous licence libre ou sous copyright, ces algorithmes ne se préoccupent pas du droit d’auteur et soulèvent des problèmes éthiques importants. 

La France est le 3ème pays producteur de programmes d’animation. Cette industrie, comme celle du cinéma, est traversée par les controverses : les scénaristes américains se sont récemment mis en grève pour réclamer une législation afin de protéger leur métier. Contrairement à la plus grande part de l’animation mondiale qui repose sur des scénarios, ce sont les personnages qui font la force de l’animation française (Denis, 2019). Avec le développement des IA, verra-t-on Chat GPT et Mijourney créer les personnages de demain ?

Enquête 

Type : Recherche-enquête-création

Expérimentation : Création de personnages par IA génératives / Réalisation d’entretiens sociologiques avec des professionnels de l’industrie de l’animation, character designer spécialisés dans la création de personnage / Confrontation de nos productions créées par IA avec les enquêtés.

Contact des enquêtés : Recherche de concept artist et de character designer sur le site portfolio d’artistes, Art Station, Mail type rédigé et envoyé à une vingtaine de sélectionnés.

Entretiens : Hailey, concept artist travaillant en studio d’animation ; Robin, concept artist junior freelance ; Mason, character designer, 13 ans d’expérience en studio et freelance

Donner vie à un personnage relève du travail de plusieurs personnes : scénaristes, directeurs artistiques, animateurs mais aussi et surtout concept artist et character designer. Qu’est-ce que le character design ? Si l’on se réfère à la définition du CNC, Centre national du cinéma et de l’image animée, le terme regroupe tout ce qui se rapporte à la conception d’un personnage, à la fois dans le cinéma d’animation et dans le jeu vidéo, de sa conception visuelle à sa psychologie et son histoire.

A l’aide de Chat GPT nous avons créé textuellement plusieurs personnages, par la suite mis en images avec Midjourney. Gabriel Thornfield naît de notre première expérimentation au cours de laquelle nous avons laissé le plus de liberté aux IA. Pour les essais suivants concernant d’autres personnages, nous avons poussé les IA dans leurs retranchements en critiquant toutes les réponses données par l’IA. Si Chat GPT ose donner à Gabriel une cicatrice, Midjourney a effacé cette dernière, en créant un personnage lisse. Derrière ce personnage ordinaire se profile une réalité complexe : la reproduction des stéréotypes. La création de personnages consiste avant tout en la création de représentations (Hall, 1997). Industrie culturelle, le cinéma d’animation est une « technique de reproduction du monde » (Adorno, 1932). Les représentations fictionnelles véhiculent des discours normatifs (Butler, 2006). Stratégies de séparation entre une norme et ce qui en diffère, les stéréotypes sont aussi un moyen de maintenir l’ordre social et de faire passer des discours de pouvoir (Hall, 1999). 

Les GAFAM, propriétaires de la plupart de ces IA génératives, ont un intérêt économique à perpétuer les stéréotypes. Produits des industries numériques, leurs algorithmes reproduisent une vision normative du monde. Objets non neutres, ils présentent des caractéristiques aux effets problématiques : l’opacité de leur fonctionnement, mais aussi leur effet taille. Selon ce dernier concept, pour limiter leurs coûts de développement, les IA génératives reposent sur un nombre de critères réduits qui simplifient les modèles. Avec la notion d’intelligence artificielle, on essaie de réduire un processus humain complexe, l’intelligence, à un algorithme, très rapidement limité. De la même manière que nos cerveaux sont soumis à des biais cognitifs, les biais algorithmiques existent et systématisent des biais discriminants. Les algorithmes sont donc des armes qui renforcent les inégalités et favorisent la diffusion de normes sociales dominantes (O’Neil, 2016). 

Plusieurs autres essais de création de personnages avec le même processus ont confirmé la présence de stéréotypes : des hommes semblables à Thornfield à la carrure imposante, hommes blancs, forts et mystérieux et des héroïnes caractérisées par leur jeunesse, élégance et faiblesse physique.

Qu’est-ce qui fait un bon personnage ?

Un beau personnage n’est pas forcément bon. Un bon protagoniste est un personnage aux différents niveaux de complexité, compréhensibles par le plus grand nombre. Cette définition donnée par nos entretiens rejoint la littérature scientifique : un personnage crédible se caractérise par son aptitude à en révéler les états d’âme, ses pensées, croyances et désirs à travers des mouvements, formes, sons et couleurs (Johnson, Thomas, 1981). Nous avons confronté Gabriel Thornfield au regard expert des différents professionnels que nous avons rencontrés, mettant en lumière sa beauté mais également son manque de profondeur.

« Ça a l’air quand même d’assez bonne qualité, […] Mais clairement c’est pas des concept art très originaux. […] Le character design, il me choque pas dans le sens “Waouh. C’est incroyablement frais” tu vois ? Genre j’ai déjà vu ce genre de personnage plein de fois.»  – Hailey 

« Par contre techniquement bravo tu sais bien dessiner mais il y a pas d’imagination, y a rien derrière, c’est un PNJ (Personnage Non-Joueur). Tu peux pas faire un main character (personnage principal) non, c’est Henry Cavill avec un trench coat. […] Alors que moi, ma prof de character design disait, s’il vous plaît, ne faites pas de Barbie et Ken. Genre, c’est le stéréotype du character design. Quand tu commences tu fais que des personnages beaux. »  – Robin

Notre dernière création, Aegis, un passeur magique aux contours insaisissables, révèle une dimension inattendue : notre commande « viole les règles d’utilisation » selon les termes de Chat GPT.

Capture d’écran d’un de nos prompts pour la création d’Aegis sur Chat GPT

Personnage dont la silhouette défie les normes, semblable à un « kaléidoscope », son visage est composé de « motifs abstraits, aux lignes lumineuses et organiques et cicatrices phosphorescentes ». Si Chat GPT peut aller loin dans la création d’un personnage hors des normes, voire hors des définitions de l’humanité, Midjourney ne sait pas représenter la vision de l’outil conversationnel. Nous obtenons un personnage lisse, symétrique et visuellement « beau ».

Aegis, Passeur magique

Âge : Intemporel

Visage : Motifs abstraits, aux lignes lumineuses et organiques, cicatrices phosphorescentes

Yeux : Un bleu saphir et un argent

Cheveux : Fils d’énergie qui changent de couleur

Silhouette : Qui défie toute définition traditionnelle, comme un kaléidoscope de formes

Vêtements : Fluides, matériau semi transparent.

Histoire d’Aegis

But de l’expérimentation : Concevoir un personnage grâce à une IA, mais éloigné des stéréotypes. 

Outils : Chat GPT + Midjourney 

Prompt de départ :  « Je souhaite créer un personnage qui sort des stéréotypes qui a une apparence hors des conventions peux tu m’aider » 

Prompts pour la création du personnage : Critique de toutes les réponses que Chat GPT nous donne. “ Non, tout ça est trop stéréotypé” “Rend le plus non-conventionnel” “ Peux-tu pousser encore dans les retranchements”  “Développe quelque chose hors de la norme” “Encore plus écarté des stéréotypes ?” 

Prompt pour les images : Demande à Chat GPT de générer un prompt pour Midjourney : “Écris un prompt en anglais pour Midjourney complet de l’apparence du corps entier et détaillé d’Aegis” + Ajout de la commande « character sketch » en amont du prompt donnée par Chat GPT dans Midjourney.

En vue des limites de l’IA, seuls les créatifs peuvent faire la différence. Lorsqu’un scénariste ou directeur artistique va chercher un artiste pour l’aider dans sa conception de personnage, il le fait pour quatre raisons : l’originalité, le style, l’œil et l’apport d’expériences personnelles. La vie d’un artiste influe énormément sur son travail. La conception d’un personnage passe par 80% de recherches, qu’il s’agisse de références visuelles, culturelles ou encore des aspects de la vie quotidienne. Les artistes observent tout ce qui les entoure : bâtiments, proches mais aussi ressentis, personnes croisées dans la rue, postures et silhouettes. Les créations d’autres artistes sont aussi sources d’inspiration. D’une certaine manière, il est possible d’avancer que les IA reproduisent en partie cette réalité.

« Après les artistes se volent tous des trucs les uns aux autres. L’IA, il prend plein de trucs, il les mélange et il recrache quelque chose. Un artiste ça fait pareil. Sauf qu’un artiste, j’ose croire que sa personnalité et sa sensibilité influent, ce que l’IA n’a pas en tout cas. » – Mason .

La reprise des œuvres d’autrui est condamnée par les artistes dans l’utilisation des IA génératives. Si Gabriel Thornfield fait penser à d’autres personnages c’est surtout parce que les IA sont entraînées à réaliser des productions à partir des travaux existants de créateurs. L’opacité des algorithmes participe des revendications éthiques concernant les droits d’auteur sur les œuvres. Ce qui différencie des IA des créateurs repose sur leur capacité à développer des idées nouvelles : leur créativité. 

“Une partie du métier de concept artist, c’est aussi d’essayer de trouver des trucs qui sont frais, des trucs qui sont non vus dans une certaine mesure […] Tu veux un truc qui soit un petit peu plus nouveau” – Haley.

L’inconscient, qui participe du processus de création, relève d’une spécificité humaine qui ne peut être appréhendée par le développement des nouvelles technologies.

« Souvent, c’est aussi inconscient. Moi je travaille beaucoup avec les monstres, avec les sorcières, avec des trucs un peu effrayants. Et je sais pas d’où ça vient.»  – Mason 

« L’inconscience c’est quelque chose d’être humain, quelque chose de personnel qui influence énormément le travail »  – Robin

Autre élément clé de la boîte à outil du bon concept artist : ce que l’on appelle « l’œil ». Habitué à regarder des images, le créateur a la capacité d’évaluer la qualité de son travail, ce que les IA ne peuvent pas mettre en œuvre. Cet œil leur permet de retravailler certains aspects et de s’améliorer, qualité essentielle à la création d’un bon personnage.

« Ce qui fait un bon concept artist ce n’est pas sa capacité à dessiner, c’est son œil » – Haley

Les IA, outils collaboratifs ?

Dans le cadre de la création de personnages, l’utilisation de l’IA n’est pas une pratique très démocratisée. Les plus grands illustrateurs comme Hayao Miyazaki, célèbre illustrateur fondateur du studio Ghibli, y sont réfractaires, considérant les IA comme des “insultes à la vie elle-même”. Les professionnels que nous avons interrogés ne les utilisent pas dans leur travail. Ils ne les voient pas comme une menace et pourraient même envisager de les utiliser pour certaines tâches fastidieuses comme la bureautique. Cela leur laisserait plus de temps pour le processus créatif.

“J’aimerais bien que ça m’aide plutôt de la bureautique quoi. Après pour justement garder plus de temps sur la création pure, j’aimerais bien que ça m’aide à ranger mes fichiers, à faire mes exports, à faire mes factures” – Mason

Certains voient les IA comme des artistes « confrères », qu’ils peuvent insérer dans le processus créatif. 

« Moi j’aimerais bien l’utiliser pour voir ce que je peux en faire. C’est un peu un outil en fait […] Je dirais,“voilà, propose-moi quelque chose” et je dirais, “Ah ouais, lui il a pensé comme ça”, comme si c’était un autre artiste en fait. » – Mason

Où se situe la menace ?

L’IA n’est pas une technologie nouvelle, elle date des années 1950. L’histoire des intelligences artificielles est cyclique (Haenlein, Kaplan, 2019). Chaque nouveau cycle déclenche une forme de panique morale : des risques sur l’emploi face à cet engouement, des articles alarmants concernant la perte de contrôle et le financement par les grands industriels : les GAFAM. Pour Baudelaire, la photographie était la plus grande menace à l’art. De nos jours, la photographie est une discipline artistique au même titre que la peinture et ne l’a pas fait disparaître. L’innovation de notre temps s’incarne dans le machine learning, soit la capacité des machines à apprendre. 

Si la panique est bel et bien présente, il faut cependant relativiser le rôle des IA. Il existe un processus long de définition de ce qui constitue une œuvre d’art, tout comme il existe un processus long de création d’une œuvre cinématographique, ou même d’un personnage. C’est un travail de plusieurs cerveaux, mais surtout de retouches. Les IA génératives, si elles peuvent aider à simplifier certaines étapes, ne deviendront pas seules des créatrices. Elles ne peuvent ni juger de leur travail, ni le rectifier. 

Notre enquête révèle une tendance : l’utilisation de l’IA par les clients des artistes. Il semble que les directeurs artistiques ou encore scénaristes, n’ayant pas d’autres ressources à disposition, utilisent ces outils afin de transmettre leurs idées lors du brief. Même si les IA génératives ne constituent pas des menaces au travail des créatifs déjà installés, il semble que la crainte soit plus ancrée parmi les juniors.

« J’ai des amis qui voulaient être concept artists et qui ont vu la place que prenait l’IA et ça les a dépités […] J’ai peur que ça ait un impact sur moi, par exemple, qui suis jeune, parce que souvent les juniors, ils commencent sur des plus petits projets, Mais sauf que si tu commences sur un petit projet, c’est une petite boîte, donc si la petite boîte a pas assez d’argent pour te payer, elle va prendre quoi ? Une IA pour faire ses illustrations.»  – Robin

Cela peut entraîner une plus grande précarisation du métier, avec de moins en moins de postes à pourvoir en sortie d’écoles, d’où la nécessité d’une régulation des IA génératives. Si les scénaristes américains ont trouvé un accord qui concerne l’utilisation de l’IA, le Conseil de l’Union européenne et le Parlement européen se sont entendus sur un projet de réglementation le 8 décembre 2023, cherchant à garantir à la fois sur les droits d’auteur et la transparence des algorithmes ce qui, nous l’espérons, aidera à protéger les travailleurs et à éviter les biais discriminants.

Bibliographie

BUTLER, Judith, Trouble dans le genre. Pour un féminisme de la subversion, trad. de l’américain par C. Kraus. Paris, Éd. La Découverte, 2005.

CARDON, Dominique. Culture numérique. Paris, Presses de Sciences Po, 2019

DENIS, Sébastien. « Cinéma d’animation : une « French touch » au succès planétaire ! », NECTART, vol. 8, no. 1, 2019, pp. 144-151.

HAENLEIN, Michael ; KAPLAN, Andreas, « A Brief History of Artificial Intelligence: On the Past, Present, and Future of Artificial Intelligence », California Management Review, 2019, 61(4), pp. 5-14

HALL, Stuart « Theories of Representation, Discourse, Power and the Subject. » Dans S.Hall, Representation: Cultural Representations and Signifying Practices. New York, SAGE Publications, 1997 

JOHNSON, Thomas ; JOHNSON, Ollie, The Illusion of Life: Disney Animation. New York, Hyperion. 1981.

O’NEIL, Catherine, Weapons of Math Destruction: How Big Data Increases Inequality and Threatens Democracy, New York, Broadway Books, 2016.

L'auteur.e

Aurore Burr
Après une licence d'information communication à Paris Panthéon-Assas, Aurore Burr rejoint le Master Plateformes numériques, création et innovation à l'université Paris 8. Elle s'intéresse à la culture numérique, à l'animation ainsi qu'au secteur de l'art. Ses recherches portent sur la présence de mèmes en référence à Dragon Ball dans des nouveaux formats d’information. Aurore travaille en parallèle de ses études dans une fondation reconnue d’utilité publique dans l'art qui démocratise l'accès à la culture.

Le.la photographe

Maxime Berton
Actuellement étudiant en master photographie à l’école nationale supérieure Louis Lumière, Maxime Berton a suivi un parcours d’ingénieur avant de rejoindre sa formation actuelle. Ses recherches actuelles résident dans la reproduction des êtres humains en modélisation 3D. Il expose en Décembre 2023 son projet Harmonies Implantés, présentant un personnage fictif façonné uniquement par logiciels de modélisation, racontant son expérience d’un implant modificateur de voix. Maxime collabore aujourd’hui avec le studio d’animation Unit Image dans le département de photogrammétrie d’être humain Scan Engine et participe au développement de son système de capture
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